• Alexis Geider

L'Aïkido : choisir et entretenir son sabre

Mis à jour : mars 30

Bokken et Bokuto : kesako ?

Le sabre d’entrainement utilisé dans le cadre de la pratique de l’aïkido est appelé Bokken, une contraction de Boku (木), le mot japonais pour le bois, et de Ken (剣), le sabre, la lame. Littéralement : sabre de bois. Notez cependant que bokken est une déformation purement occidentale et que les japonais nomment en fait leurs sabres Bokuto, le kanji To (刀) se référant de manière plus particulière au katana, le sabre traditionnel dont le Bokken reprend la forme. Mais le bokken ne doit pas être confondu avec son cousin, le Suburito, un sabre lesté utilisé pour développer l'efficacité et le centrage de la frappe. A la fois source de curiosité et de nombreux fantasmes, le bokken est une arme complexe qu’il nous convient de détailler pour nos nouveaux élèves.

Il nous faut d’abord rappeler que le bokken, n’en déplaise à son apparence modeste, est avant tout une arme : le pratiquant doit la manier et la conserver avec précautions. Mais d’où vient-il ? Le bokken nous vient directement des écoles traditionnelles de sabre japonais. Les samouraïs d’autrefois avaient coutume de s’entraîner avec de vraies lames. Voyant que de vrais sabres entraînaient de nombreuses blessures et les contraignaient dans chacun de leurs coups, ils décidèrent d’utiliser des lames de bois. Si le bokken n’est d’abord qu’un vulgaire substitut à l’acier, il est rapidement érigé en véritable art berçant les mythes japonais. On citera ainsi le bretteur légendaire Myamoto Musashi, fondateur de l’École des deux sabres et auteur du Traité des Cinq Roues, qui terrassa un des plus grands bretteur de son époque d’un seul coup de bokken décisif.


Choisir sa lame :

Nous ne saurons trop vous déconseiller d’acheter votre bokken à l’aveugle sur internet, surtout s’il s’agit de votre première lame. Il ne s’agit pas que d’un bout de bois. Comme tout pratiquant d'Aïkido, vous l'associerez à votre pratique comme un outil prolongeant votre corps. Alors qu'un kendoka, un bretteur japonais, s'identifiera lui à son sabre et le considérera même comme une partie de son âme. De ce fait, il vaudra mieux se rendre directement dans une boutique spécialisée afin de voir les différents modèles de bokken, car chacun est unique, taillé et équilibré d’une manière qui lui est propre. Les bokken sont pour la plupart produits à Taïwan pour les premiers prix de moindre qualité. Les meilleures lames et celles de qualité intermédiaire nous viennent quant à elles du Japon ou de pays européens comme la France pour des fabrications plus marginales. Ils sont taillées à la main par des artisans spécialisés qui en font des pièces uniques, comme dans les ateliers Aramaki et Horinouchi ou Lasigné et Rocher. Un seul bokken peut représenter plus d’un an de travail et de traitements préliminaires avant de pouvoir prendre forme.


Chaque bokken est taillé dans un bois particulier. Les plus fréquemment utilisés sont le chêne blanc, qui fournit une lame dense et solide, et le chêne rouge pour une arme plus légère. Mais d'autres essences peuvent être plus rarement utilisées comme le Sanuke (endémique au Japon), l'hickory (ou caryer ou noyer blanc) ou encore l'ébène (cette liste n'étant pas exhaustive). Ces bokken, beaucoup plus coûteux, possèdent des qualités (dureté, souplesse, résistance, etc) nécessitant un certain savoir-faire dans leur utilisation. Certains, de grande facture, peuvent être utilisés dans le cadre d’expositions ou de cérémonies shinto.


Bien que fait d’un seul bloc, on distingue plusieurs parties sur un sabre : la poignée (Tsuka), le pommeau (Tsukagashira), la lame elle-même, sa courbure (Sori), son arête supérieure (Mine) et sa pointe (Kissaki). La plupart des sabres qu’on trouve en Europe correspondent à un modèle « standard » utilisé en Aïkido, en Iaido et en Kendo.

La courbure du bokken, ou Sori, est l’élément le plus important puisqu’elle influence directement le poids, la taille et l’équilibrage de votre lame.

Il existe quatre types de Sori : la Suguha (droite), la Kyo Zori (courbée au centre), la Koshi Zori (courbée à la base) et la Saki Zori (courbée à chaque extrémités). La courbure Kyo Zori est celle la plus fréquemment utilisée dans les modèles standards. La Suguha Zori est connue pour donner un sentiment de légèreté au bokken, puisqu’elle déplace généralement le centre d’équilibre de l’arme vers la poignée et donc vers les mains du pratiquant. C’est pour cela que la Suguha Zori se retrouve énormément chez les pratiquants de l’École des deux sabres.


L'âme du sabre, ou le profil de la lame, ou Mine, est elle aussi dégagée en quatre grandes formes, dont deux impactent considérablement les mouvements de la lame lors de son utilisation.

Les formes Hiramine et Kenmine sont les plus fréquemment utilisées en Aïkido et n’ont que peu d’effet sur la lame. On notera cependant que l’équilibrage de la Kenmine est plus diffus : elle paraît plus lourde et force le pratiquant à s’appliquer dans chacune de ses coupes pour qu’elles soient droites. Ce sont les formes Marumine et Gyo No Mine qui ont le plus d’influence, puisqu’elles modifient significativement l’équilibre de l’arme et donnent généralement des bokken plus légers. Ces dernières formes sont également plus propices à la taille d’une gorge, un sillon traversant la lame dans sa longueur afin de l’alléger, détail très prisé en Iaido.


Enfin, la pointe du bokken, ou Kissaki, est certainement ce qui a le moins d’impact sur le comportement de la lame, à deux exceptions près.

Sa fonction première est esthétique, comme c’est le cas pour les formes Shokissaki (Petite Pointe) et Daikissaki (Grande Pointe) que l’on retrouve sur les bokken standards. Ce sont les formes Kendogata et Kantogata qui influencent le comportement de la lame lors de son maniement : ce sont des formes biseautées qui augmentent le poids de l’arme en plaçant son centre de gravité vers la pointe, permettant ainsi de travailler la puissance des coupes. On les retrouve surtout sur d’anciens modèles de bokken utilisés au Kendo.


Acheter et entretenir son sabre :

Un bokken est donc un objet à part. Si on peut en trouver facilement sur internet, il ne faut pas oublier que les bokken que vous y trouverez pour une dizaine d’euros ne seront jamais plus que des jouets ou des objets de décorations. Trouver un véritable bokken de qualité nécessite de s’adresser à des professionnels. Nous recommandons dans le cadre de l'achat de votre premier jeu d'armes de vous adresser à nous : notre dojo propose en effet un set d'armes complet avec housse de transport, de bonne qualité et à un prix abordable idéal pour débuter. Bien entretenu et utilisé, il durera aussi longtemps que votre pratique. Pensez à consulter notre "Espace équipements" via la page d'accueil de notre site.


Pour ce qui est de l’entretien, il y a plusieurs écoles. Commençons par rappeler qu’un bokken ne doit jamais être stocké sur sa pointe. Il doit être conservé à l’horizontale, afin d’éviter que les différences d’humidité de l’air ne le fassent gondoler.


La coutume veut que le seul traitement que requiert une bonne lame est la pellicule de graisse déposée par les mains du pratiquant lors d’un entraînement régulier. Mais un entretien soigneux peut faire gagner quelques années d’utilisation à un bokken par l’application d’une huile nourrissante pour le bois (huile de lin, essence de térébentine, par exemples). Sur un bokken de moindre qualité, une couche de vernis recouvre généralement la lame afin de cacher les impuretés du bois. Ce vernis vole en éclat lors de la pratique et il est recommandé de le polir légèrement avec du papier de verre très fin. Cette étape n’est pas nécessaire pour une lame de bonne qualité, à moins qu’elle n’ait déjà été endommagée ou que le bois n’ait été fragilisé par une pratique trop intensive. Une couche d’huile peut être appliquée tous les trois ou quatre mois afin de conserver la lame. Il est cependant vital de la traiter lors de son acquisition ou à la suite d’entraînements plus intensifs. Une lame ayant subie les intempéries lors d’un entrainement en plein air doit par ailleurs être impérativement séchée et huilée sous peine de voir son bois se déformer ou se fendre.


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